Faut-il un remontoir pour sa montre automatique ?
Maison Seyon
C'est la question qu'on nous pose le plus souvent, et la réponse honnête est : ça dépend du nombre de montres que vous avez et de la façon dont vous les portez. Voici de quoi trancher en cinq minutes.
Comment fonctionne une montre automatique
Une montre automatique se remonte grâce à une masse oscillante, un demi-disque de métal qui pivote au moindre mouvement du poignet et tend le ressort de barillet. Tant que vous la portez, elle vit. Posée sur une commode, elle continue de tourner sur sa réserve de marche - généralement entre 38 et 72 heures selon le calibre - puis s'arrête.
Une montre arrêtée, est-ce grave ?
Non. Une montre automatique qui s'arrête ne s'abîme pas. Le ressort se détend, le mouvement se fige, et tout repart dès que vous la remontez. Aucun horloger ne vous dira le contraire.
Le vrai sujet n'est pas la casse, c'est l'usage. Une montre arrêtée demande à chaque fois de la remonter, de régler l'heure, la date, parfois le jour, le mois ou la phase de lune. Sur une montre simple, c'est vingt secondes. Sur un quantième annuel, c'est une petite corvée - et c'est précisément le moment où on attrape l'autre montre.
Quand un remontoir se justifie vraiment
- Vous avez plus d'une automatique. Dès deux montres, il y en a forcément une qui dort. C'est le cas le plus évident.
- Votre montre a des complications. Quantième annuel ou perpétuel, phase de lune, GMT : le réglage manuel est long, et sur un perpétuel on évite franchement de le refaire tous les mois.
- Vous alternez. Une montre de bureau, une de week-end, une de sport : le remontoir les garde toutes prêtes à porter.
- Vous voulez la voir. C'est une raison qui en vaut une autre. Une montre qui tourne sous un couvercle en verre, ça se regarde.
Quand ce n'est pas nécessaire
Si vous avez une seule automatique et que vous la portez tous les jours, elle se remonte toute seule, à votre poignet. Un remontoir ne vous apportera rien de plus qu'un bel objet - ce qui reste une bonne raison, mais autant le savoir avant d'acheter.
Même chose pour une montre à remontage manuel : elle n'a pas de masse oscillante, donc un remontoir ne la remonte pas. Dans ce cas, c'est une boîte à montres qu'il vous faut.
Et l'usure du mouvement ?
L'objection classique : faire tourner une montre en permanence, ça l'userait. Le débat existe entre horlogers. L'argument en faveur du remontoir est que le mouvement reste en marche et que les huiles restent réparties plutôt que de figer. L'argument inverse est qu'un mouvement qui tourne vingt-quatre heures sur vingt-quatre accumule plus de cycles qu'un mouvement porté huit heures par jour.
Le point de bon sens est celui-ci : un remontoir bien réglé ne fait pas tourner la montre en continu. Il donne le nombre de rotations nécessaires, puis s'arrête et attend le cycle suivant. C'est tout l'intérêt des programmes de rotation et de pause, qu'on détaille dans notre guide TPD et sens de rotation d'un remontoir. Réglé correctement, un remontoir travaille moins qu'un poignet actif.
Ce qu'il faut regarder avant d'acheter
Trois points font la différence entre un remontoir qu'on garde dix ans et un qu'on débranche au bout d'un mois : le bruit du moteur, le blindage antimagnétique, et la finesse des réglages. On les détaille dans comment choisir son remontoir.
Et si vous savez déjà ce qu'il vous faut, retrouvez toute notre sélection de remontoirs pour montre automatique.